Étude de cas · WordPress

Seuil : un portail immobilier WordPress conçu comme projet personnel

Personne ne m’a commandé ce site. Je l’ai construit pour montrer, sur un cas concret, ce que je sais faire : une vraie application de recherche immobilière pour le Luxembourg et la Lorraine frontalière, livrée par une extension WordPress écrite sur mesure.

Accueil du portail immobilier Seuil : recherche par ville, lieu de travail et budget

Une ligne de CV ne se clique pas

Quand on cherche un poste, on peut lister des compétences. On peut aussi les montrer. Un site en ligne, qu’on peut ouvrir et parcourir, dit tout de suite si le travail tient la route. J’ai choisi l’immobilier parce que c’est un secteur exigeant sur la structure des données : des types de biens, des prix, des surfaces, des filtres, des cartes.

Le site est en ligne : ccmanagement.domotiko.eu. Je préfère le dire d’emblée : les annonces de départ, leurs bailleurs et leurs colocataires sont fictifs, tout comme leurs photos, et chaque annonce de démonstration le signale sur sa page. Les comptes créés sur le site, eux, sont réels.

D’un premier prototype à Seuil

La première version, baptisée CC Management, reposait sur un thème, un constructeur de pages et Estatik, une extension immobilière prête à l’emploi. Elle fonctionnait, mais elle montrait surtout que je savais assembler des extensions. Elle restait aussi lourde et difficile à faire évoluer.

J’ai donc tout repris sous un nouveau nom, Seuil. Le site est désormais rendu entièrement par une extension WordPress que j’ai écrite : pas de thème, pas de constructeur de pages. Les annonces sont un type de contenu WordPress, que l’on gère depuis l’administration comme des articles. Estatik, Elementor et le formulaire de contact de l’ancienne version sont désactivés.

Ce que l’on peut faire sur le site

Seuil couvre la location, l’achat et la colocation, avec 36 annonces réparties entre le Luxembourg et la Lorraine frontalière. Au-delà de la recherche classique par ville, type de bien et budget, j’ai voulu répondre aux questions que se pose vraiment un frontalier :

  • Combien de temps de trajet jusqu’à mon travail ? Chaque annonce affiche une estimation calculée à partir de la distance, avec un temps supplémentaire au passage de la frontière aux heures de pointe.
  • Où sont les biens ? Une carte suit les filtres de la recherche.
  • Est-ce un bon prix ? Les statistiques de prix sont calculées sur les annonces elles-mêmes.
  • Avec qui vais-je vivre ? En colocation, un court questionnaire donne un score de compatibilité avec les colocataires en place.
  • Lequel choisir ? Un comparateur met jusqu’à trois logements côte à côte.

Depuis la version 2, ce ne sont plus seulement des écrans de démonstration. On peut créer un vrai compte, locataire ou bailleur. Le locataire retrouve ses favoris, ses alertes et son dossier sur tous ses appareils ; ses messages, ses candidatures et ses réservations de visite arrivent chez le bailleur, qui est prévenu par e-mail et répond depuis son espace. Le bailleur publie ses annonces avec ses propres photos, et chaque annonce est vérifiée avant sa mise en ligne. Les comptes de démonstration restent là pour explorer sans s’inscrire.

Les agences peuvent alimenter le site par un flux d’annonces (CSV, JSON ou XML), relu automatiquement toutes les six heures. Les recherches enregistrées déclenchent des alertes par e-mail, immédiates, quotidiennes ou hebdomadaires. Et le site existe en français, en allemand et en anglais, jusqu’aux e-mails, envoyés dans la langue choisie par chaque utilisateur.

Les choix techniques

La première page est servie directement par le serveur, puis une application JavaScript prend le relais pour la navigation. Le code est découpé et compilé avec esbuild, et la bibliothèque de cartes Leaflet n’est chargée que lorsqu’une carte s’affiche. Les polices sont hébergées sur le site, les icônes sont des fichiers SVG légers, et un bouton permet de passer en mode sombre, un choix que le site mémorise d’une visite à l’autre.

Côté serveur, une API REST écrite pour le projet gère l’inscription, la connexion, la messagerie, les candidatures, les créneaux de visite et l’envoi des photos, avec des tables dédiées dans la base de données et des limites contre les abus. Les données personnelles sont traitées selon le RGPD : consentement à l’inscription, export de ses données en un clic, suppression du compte, durées de conservation appliquées automatiquement et politique de confidentialité publiée.

Le référencement n’est pas oublié : plan du site XML, titres et descriptions à la bonne longueur, redirection des anciennes adresses de la première version. En septembre 2026, PageSpeed donnait sur mobile 97 pour l’accueil et 98 pour la recherche, sans aucun décalage de mise en page. C’est la même logique que celle qui m’a fait préférer l’éditeur de blocs à Elementor sur mon propre site : ne charger que ce qui sert.

Ce qu’on peut vérifier en parcourant le site

Si je résume ce que ce projet montre :

  • Le développement d’une extension WordPress complète, du type de contenu à l’API, jusqu’à l’affichage public.
  • La conception d’une expérience de recherche : filtres, carte, temps de trajet, comparateur.
  • Le travail sur les performances et le SEO technique dès la conception.
  • La gestion de vrais comptes, d’une messagerie et de données personnelles, dans le respect du RGPD.
  • Le web design, en mode clair comme en mode sombre, et la rédaction de tous les contenus en français, puis leur version allemande et anglaise.

Ce qui reste avant une exploitation commerciale

Dans la première version de cette étude, je listais ce qui manquait à un vrai portail : un catalogue alimenté par les agences, de vrais comptes et une vraie messagerie, le RGPD, plusieurs langues. Tout cela existe désormais.

Ce qui resterait pour une exploitation commerciale relève moins du code que de l’activité : signer des agences partenaires, faire relire les mentions légales et la politique de confidentialité par un juriste, et prévoir une personne pour modérer les annonces. Côté technique, une annonce publiée par un bailleur reste dans la langue où elle a été écrite ; une traduction assistée serait la prochaine évolution.

Ce que m’a appris la refonte

La première version m’avait appris à commencer par les données plutôt que par le design. Seuil m’a appris l’étape suivante : quand un besoin est central, une extension écrite sur mesure peut être plus simple à maintenir qu’un empilement d’extensions génériques. Elle est aussi plus rapide, parce qu’elle ne charge que ce dont le site a besoin.

Pourquoi je le montre

Un projet personnel a ses limites, et je viens de les lister. Mais il a un mérite qu’aucun CV n’a : il est vérifiable. On peut ouvrir le site, choisir son lieu de travail, filtrer les colocations, comparer trois logements, réserver une visite. Si quelque chose ne fonctionne pas, on le voit tout de suite. C’est ce que je propose à un employeur : un exemple concret de ce que je livre, avec ses choix expliqués et ses limites assumées.

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